Les demoiselles d'Afrique
Cette œuvre est un acte de mémoire. Elle dénonce l’effacement historique d’une identité qui a pourtant servi de fondation à l’une des plus grandes révolutions esthétiques de l’Europe du début du XXᵉ siècle. En omettant de nommer la source de son inspiration — les arts d’Afrique — le cubisme européen a invisibilisé la racine de son propre génie. « Les Demoiselles d’Afrique » rend justice à cette filiation. L’absence de traits sur les visages n’est pas un manque : c’est le symbole d’un effacement identitaire imposé par l’histoire. En utilisant le henné et le brou de noix, je réimplante la matière et la terre d’origine au cœur de la toile. C’est une réappropriation du droit à l’existence : donner un corps de terre et d’ocre à celles que l’on a voulu laisser anonymes.